7, 8, 9, 10, 11 : des Invalides à République

7e. Invalides

Quartier des ministères, des Invalides, de l’École militaire, mais aussi de la tour Eiffel et du Trocadéro, le 7e arrondissement n’est pas le plus joyeux de Paris. Cela ne saurait faire oublier qu’il accueillit un fameux lieu de débauche parigot, totalement méconnu de nos contemporains : le tout premier parc d’attraction ouvert dans la capitale en 1900 : Magic City !

Construit par Ernest Cognacq, fondateur de la  Samaritaine, Magic City occupait un vaste quadrilatère entre le quai d’Orsay et la rue de l’Université, à un jet de baïonnette du zouave du pont de l’Alma. Un siècle avant le quartier du Marais, ce lieu pittoresque fut un haut-lieu de rendez-vous des travestis, des homosexuels et des invertis – comme on disait à l’époque.
….Magic City fermera le 6 février 1934, sur ordre de la préfecture de police, suite aux émeutes des Camelots du Roi et autres ligues factieuses, succédant à l’affaire Stavisky, qui firent 31 morts et plus de 2.000 blessés.

6 février 1934, place de la Concorde

….Si le street-art ne s’est pas épanoui dans l’arrondissement, certains graffitis y fleurirent lors des manifestations contre la loi-travail du printemps 2017, notamment sur les vitrines des banques, au cours d’un mois d’un mai qui ne laissera pas d’impérissables souvenirs aux amoureux de la liberté et qui se terminera par l’arrivée à l’Élysée d’un ancien de la banque Rotschild.

Superposition quantique de l’émeute

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Manifestation contre la loi El Khomery, 14 juin 2016, Invalides

8e. Champs-Élysées

….Jules Bénuchot n’a jamais porté les Champs-Élysées dans son cœur, contrairement à Adrienne, qui ne détestait pas y flâner, à l’époque où l’on vendait encore des journaux à la criée et où Joe Dassin commençait tout juste à chanter. (Vous n’y couperez pas…)

….….Chez Angelina, rue du Faubourg-Honoré. Son chocolat chaud, ses macarons, ses adorables vieilles dames des beaux quartiers portant gants de cuir et chapeau.

….Un jour, Léa s’y rendit pour y retrouver une certaine Géraldine qui avait la voix de Jeanne Moreau.

….À la brasserie Au Bureau, 66, rue Pierre-Charron, on croise des journalistes d’Europe 1, des touristes, des noctambules branchés. Il arrive aussi que de mystérieux échanges de livres s’effectuent en terrasse…

….Depuis 1910, au 17 rue d’Isly, à deux pas de la gare Saint-Lazare, existe un des troquets les plus typiques de Paris, l’un des trois derniers Routiers de la capitale.

….Chez Léon, on mange sur des nappes Vichy, le formica est jaune, la cuisine comme à la maison. Depuis 1960, la famille Grange est en salle et aux fourneaux. C’est le bar préféré de Bénuchot dans l’arrondissement. C’est aussi celui de cet homme-là, doté de l’étrange particularité de rendre floue toute photographie de lui.

Banc de brouillard au zinc chez Léon

9e. Opéra

Situé à l’angle de la rue des Martyrs et du boulevard Rochechouart, le cirque Medrano, où Antoine se proposait (1966) de mettre Johnny Hallyday en cage dans son tube Les élucubrations d’Antoine, fut démoli en 1970, après plus de 80 ans de bons et boyaux services (c’était le cirque des clowns, ah, ah !).

….Si vous voulez savoir ce que l’on construisit à son emplacement, cliquez ici. (On vous prévient : c’est beaucoup plus violent que ce qui fut bâti en lieu et place du pavillon Baltard des Halles de Paris.)

Medrano en 1952. Photo P.J. Dannes

10e. Saint-Denis, Saint-Martin

….Traversé du sud au nord par le canal Saint-Martin, dont il est abondamment question ici, c’est l’arrondissement de Bénuchot. Mais le 10e, c’est aussi la gare de l’Est, la plus belle de toutes les gares parisiennes, près de laquelle se déroula l’événement le plus tragique de son existence, en 1991.

Aux alentours de 1910.
Rue d’Alsace, Levalet
Un magasin pas très bénuchot

….

….À la suite des massacres du 7 janvier et du 13 novembre 2015, la place de la République, qui chevauche trois arrondissements, est devenue le point névralgique d’un Paris traumatisé par l’atrocité des crimes de masse islamistes (qualifiés, à tort nous semble-t-il, d’attentats).


Place de la République, soirée du 7 janvier 2015


République-Bastille-Nation, Marche du 11 janvier 2015


Entre la République et le Bataclan, 14 novembre 2015

….Puis vinrent les vespérales Nuit Debout, au printemps 2016 qui, comme toute les utopies (le pays qui n’existe pas, nous dit l’étymologie, le moment où les riches finiront par payer, compte là-dessus et bois de l’eau fraîche, nous rappelle crûment la réalité), ne durent qu’un temps, et que l’on savoure car elles ont le goût de la vraie vie. Formidables moments bénuchots : tout le monde se parle, comme s’il en était toujours allé ainsi, avec une magie de tous les instants.

Il devient fou celui qui ne fait rien de sa peine.

….Dans toute cette soif de paroles et de rencontres, le Café des signes, qui mit à l’honneur la langue des sourds, en ce 1er mai 2016.

….Et pour quitter le 10e sur une note un peu plus gaie, voici quelques vues de la rue Sainte-Marthe, qui se jette dans la rue Saint-Maur, devant l’entrée de l’hôpital Saint-Louis, avenue Claude-Vellefaux, qui fut, comme chacun sait, l’architecte dudit hôpital, en 1611.

11e. Popincourt

C’est dans le 11e arrondissement, rue du Faubourg-Saint-Antoine, que Jules Bénuchot, enfant, fit sa première sortie en solitaire dans le métro, pendant l’Occupation. Il en garda un souvenir cuisant.

Le Lux, place de la Bastille, 1942. Photo André Zucca

 Comme il était toujours dehors après l’heure du couvre-feu, un soldat allemand lui cria : « Acht hur ! » en lui montrant sa montre. Bénuchot crut entendre Arthur, ignorant qu’en allemand cela signifiait « Huit heures ! » Arrivé chez lui fort tard, il se fit enguirlander par l’oncle Théodore. « Y a un Boche qui m’a appelé Arthur ! » prétexta-t-il. Ce qui ajouta encore à la colère de Théodore Vermicelle, qui lui retourna une taloche. (À l’époque, on ne disait pas encore : se faire appeler Arthur…)

« Exode », Levalet, place de la République

..….Depuis 1962 (d’abord rue de Lappe, puis rue de la Roquette depuis 1982), Jacques Guillaume, acousticien de formation, 76 ans, soigne les rasoirs électriques. Alain Poher et Eddy Constantine furent ses clients.

L’antre de l’homme qui terrasse l’obsolescence programmée
Apparentements bénuchots

Dialogue avec une autruche rue Dieu

 

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