Cet éclat disparu de la formation des mondes

10.Einstein & LemaîtreChanoine, astronome, physicien et belge, Georges Lemaître (1894-1966) prédit en 1927, dans son essai de cosmogonie L’hypothèse de l’atome primitif, la théorie de l’atome primitif, autrement dit l’existence d’un début temporel de l’univers, il y a environ 13,5 milliards d’années. Et c’est un jaloux persifleur du nom de Fred Hoyle qui donnera, lors d’une émission de radio en 1949, le nom de cette formule passée à la postérité : big bang. Georges Lemaître pensait que l’univers était en expansion, contredisant la théorie d’Albert Einstein, qui prétendait qu’il était stable. (Même les meilleurs d’entre nous peuvent se tromper.)

Cela valut d’ailleurs à notre ecclésiastique d’être récupéré (en vain) par le pape Pie XII, qui voyait là la preuve que s’il y avait eu un instant d’avant et un instant d’après, celui qui tenait la baguette magique ne pouvait être que Dieu himself. Plus tard, un autre pape, Jean-Paul II, proposera au physicien Stephen Hawking le Yalta suivant : « Nous sommes bien d’accord. Tout ce qui vient après le big bang, c’est à vous. Tout ce qui est avant, c’est pour nous ! »

11.Penzias&Wilson1964En 1964, Arno Penzias et Robert Wilson, chercheurs des laboratoires Bell, donnèrent une autre dimension à la chose. Alors qu’ils étalonnaient leur antenne géante destinée à suivre les satellites de télécommunication, ils découvrirent, de façon accidentelle, un bruit d’origine inconnue, qui ne pouvait être émis par la Voie lactée. Ce signal de nature extragalactique était celui du fameux fonds diffus cosmologique, poétiquement baptisé par Lemaître « cet éclat disparu de la formation des mondes » et pressenti deux décennies plus tôt par Georges Gamov. Découverte cruciale qui leur vaudra le prix Nobel de physique en 1978.

Ces vingt dernières années, on a avancé à pas de géant sur le sujet. En 2001, la NASA envoya une sonde à un million et demi de kilomètres de la Terre, à l’opposé du Soleil, afin de pouvoir observer attentivement l’Univers. WMAP cartographia les changements de température du rayonnement fossile et révolutionna les recherches sur les origines de l’Univers. Plus récemment, le satellite Planck rapporta des informations bien plus précieuses encore

12.Fonds diffus cosmologique

Plus près de nous encore – c’est tellement récent qu’à quelques semaines nous serions passés à côté –, des scientifiques étatsuniens, italiens et français du laboratoire LIGO sont parvenus à retrouver la trace des ondes gravitationnelles dont Einstein, qui avait prévu leur existence, estimait qu’on ne parviendrait vraisemblablement jamais à les « attraper ».

La découverte des ondes gravitationnelles, qu’il ne faut pas confondre avec les ondes gravitationnelles primaires – dont la découverte en 2014 par le physicien Andreï Linde était une fausse alerte – ouvre une voie royale, celle de l’astrophysique gravitationnelle. Le principe, sur le papier, est assez simple : il y a 1,3 milliard d’années, deux trous noirs qui n’en finissaient pas de se tourner autour depuis quelques millions d’années tels deux collégiens transis timides, cessèrent leur danse et finirent par entrer en coalescence, autrement dit fusionner, provoquant une gigantesque explosion dont les ondes sont arrivées jusqu’à notre planète 1,3 milliards d’années plus tard. Comme l’explique sur son blog le bien nommé spécialiste des trous noirs Jean-Pierre Luminet, cette découverte cloue définitivement le bec à ceux qui avaient encore le toupet de mettre en doute l’existence des trous noirs…

13.Ondes gravitationnellesHormis quelques théories peu scientifiques et quelque peu loufoques, Jules Bénuchot n’a pas apporté sa pierre à l’édification de la grande équation qui régit les lois de l’univers – sans quoi il aurait décroché le Nobel et vous auriez entendu parler de lui. Nous sommes tout de même en mesure de révéler ici que des choses étranges ont convergé dans son entourage à ce propos, grâce à un certain Fernand Wouters. Pour vous mettre l’eau à la bouche, nous vous proposons de découvrir ce qui s’est passé ce fameux jour… ou plutôt, de découvrir le début de ce qui s’est passé. C’est ce jour-là, en effet, que Jules Bénuchot enregistra ceci :

CASSETTE« Il faudrait pouvoir vivre selon les lois quantiques. » :


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