Quatre questions quantiques

14.Simpson

  1. Je n’y connais strictement rien à la physique quantique. Puis-je lire le roman L’esprit Bénuchot sans courir le risque de céphalées ?
    La réponse est OUI. Sans la moindre hésitation. Si l’auteur de ce livre, qui fait son intéressant mais n’a jamais été fichu de comprendre quoi que ce soit aux équations, a réussi à l’écrire, vous pouvez le lire !
  1. Les quanta et la méca-Q n’ont plus de secrets pour moi, je m’endors en comptant les équations. Puis-je lire le roman L’esprit Bénuchot sans risquer de m’ennuyer ?

8.Petit voyage KLEIN 9. 3 minutes pour comprenre

La réponse est OUI. Non seulement vous pouvez le lire, mais vous devez le lire car les candides ne vous regarderont plus de la même façon après l’avoir lu – bon, d’accord, vous vous en fichez un peu… Eu égard au fait qu’ils comprendront un peu mieux les mystères de cette science qui n’a plus de secret pour vous, vous vous sentirez… un peu moins seuls. Et ce n’est pas rien, de se sentir moins seul dans le vaste univers !

D’une part, il n’y a pas que de la physique dans L’esprit Bénuchot, il y a aussi de la métaphysique, de l’amour, du chagrin, des cris et des rires. Nous avons veillé à savamment doser le quantique et le non-quantique. La rature et la littérature. D’autre part, ce roman – c’est du moins notre souhait – apporte sa (modeste) pierre à l’œuvre de vulgarisation entreprise par des physiciens tels que Etienne Klein ou Brian Clegg, auteur de 3 minutes pour comprendre les 50 plus grandes théories de la physique quantique.

  1. Pourquoi 700 milliards de collisions ont-elles été nécessaires pour attraper un boson de Higgs alors qu’il y en a partout ?

15.Dac.BlancheQue voilà une excellente question, à laquelle nous répondrons après un bref rappel destiné aux profanes.
« Les bosons de Higgs, on le sait maintenant, sont nécessaires à l’interaction des particules. Sans le boson de Higgs, il n’y aurait pas eu de brisure de symétrie au moment du big bang, et l’univers n’aurait pu continuer son expansion. Par conséquent, ces fichus bosons devraient théoriquement être partout. Puisqu’autour de nous, où que vous tourniez le regard, tout n’est que particules. Dans ce cas, comment se fait-il que pour en isoler un seul, en juillet 2012, les scientifiques du LHC, qui disposent de machines incroyablement sophistiquées et de cerveaux hors-du-commun, aient dû provoquer 700 milliards de collisions ? Vous pouvez le dire ? »

« Je peux le dire. »
« Vous pouvez le dire ? »
« Je peux le dire ! »
« Il peut le dire ! Il est vraiment magnifique !!! »

Trèves de plaisanterie. Cette question turlupinante et anxiogène sera prochainement posée à notre spécialiste quantique, qui y apportera une réponse ici même, dans un laps de temps qui n’a pas encore été déterminé.

  1. La transsubstantiation peut-elle être considérée comme une superposition des états ?

AVERTISSEMENT
LA LECTURE DE CE PAPIER POURRAIT LAISSER À PENSER
QUE SON AUTEUR A PERDU LA RAISON
(ET QUE SON ROMAN EST UN TISSU DE COQUECIGRUES)
IL N’EN EST RIEN ! NE VOUS FIEZ PAS AUX APPARENCES

1.JJ en SchrodingerrLa transsubstantiation, on le sait, c’est le changement complet d’une substance en une autre et non pas une superposition de deux états. Il serait donc tentant de répondre à la question posée : NON. Sans la moindre argumentation. Ce qui n’est pas le genre de la maison.

L’exemple le plus connu de transsubstantiation est celui de l’eucharistie, qui permet, dans la religion catholique mais aussi orthodoxe – les protestants rechignant aux dogmes –, de changer la substance de l’eau et du vin en la substance du sang et du corps de Jésus-Christ. Seize siècles avant Galilée et Newton, vingt siècles avant Einstein (s’imaginant à cheval sur une onde électromagnétique) et Schrödinger (imaginant un chat mort et vivant à la fois), les promoteurs de la secte catholique, apostolique et romaine avaient indubitablement inventé l’expérience « de pensée » !

Comme le rappelle Étienne Klein dans son émission La conversation scientifique,  les expériences de pensée « consistent à se demander ce qu’il se passerait dans une certaine situation si une théorie physique prise comme référence était vraiment exacte. » Passer de l’abstrait au concret, du « que se passerait-il si ? » à l’établissement de la preuve de la théorie, requiert autre chose qu’un cerveau, un papier et un stylo. Il y faut ajouter de la substance (solide, liquide, gazeuse) et de la réflexion.

Cela étant, pour revenir au problème qui nous occupe, on n’a jamais vu un prêtre, et pas plus un évêque, et pas même un pape, changer réellement l’eau en vin ! La transsubstantiation, malgré une popularité jamais démentie chez les fidèles, reste donc à l’état de postulat. Un peu comme la fiction, en quelque sorte. Tout est possible, mais rien n’est prouvé.

Dans ces conditions, il apparaît donc aberrant d’affirmer que la transsubstantiation serait une superposition des états, comme cela a été annoncé en tête de chapitre ! Et on se demande bien quelle mouche quantique a piqué l’auteur de ces lignes…

Chœur des piliers de web :

« Il n’a pas tout à fait tort ! Mais il n’a pas raison non plus ! »

2.Christ_ostie« Il ne va tout de même avoir le culot de nous annoncer que, grâce aux vertus de l’esprit Bénuchot, il serait parvenu à transgresser les lois de l’intrication quantique et à provoquer une superposition des états dans le domaine macroscopique ! »

« Il y en a qui poussent le bouchon un peu loin, tout de même ! »
« Il ne doit pas boire que de l’eau ! »

Eh bien, si.
Justement.
C’est arrivé.
Nous y sommes parvenus !

Et cette expérience de transsubtantiation générant une superposition des états a pu être réalisée sur un objet que tous les écrivains du monde ne connaissent que trop : un manuscrit ! Et pas n’importe quel manuscrit : le manuscrit de L’esprit Bénuchot !!!

Oui, vous avez bien lu !

Grâce au concours involontaire de Jean-Marie Laclavetine, membre du comité de lecture des éditions Gallimard, où j’eus l’immodestie de frapper, L’esprit Bénuchot m’a permis d’être confronté à une expérience rare, que peu d’écrivains gallimardiens ont eu le privilège de réaliser (la chose serait arrivée à Antonin Artaud, Louis-Ferdinand Céline et Caryl Férey – excusez du peu) : dialoguer, grâce aux potentialités inépuisables de la pensée [télépathie ; émeute cervicale ; transe hallucinatoire], avec l’esprit de l’homme qui figure au Panthéon de tous les écrivains de langue française, nous avons nommé Gaston Gallimard !

3.Gaston Gallimard4.Sébastien Bottin
Quel rapport avec la transsubtantiation ?, direz-vous.

Étant donné que cette expérience bluffante a déjà été évoquée sur mon blog en mai 2015, je vous invite à taper ICI – pas trop fort s’il vous plaît, inutile d’humilier davantage ce pauvre Sébastien Bottin qui est mort trois fois :


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