Jules Bénuchot, taxi malgré lui

Taxi, dans les années 60, c’était un peu un sacerdoce : vous entriez dans les ordres pour n’en sortir qu’à la retraite. Mais Jules Bénuchot n’était pas un chauffeur de taxi comme les autres. Sa façon d’envisager le métier, peu orthodoxe, tranchait avec la philosophie de la profession. Trop impulsif, trop fier et peut-être aussi trop épris de liberté. C’est sans doute pour cela qu’il arrêta les frais au bout de quatre ans.

Mais il y avait une autre raison à cela, plus secrète, qui n’avait rien à voir avec sa manie des carnets…

Dès qu’il prenait le volant, Jules Bénuchot éprouvait un irrépressible besoin de surpassement. Il lui fallait toujours être devant ! Comme il ne pouvait pas se permettre de klaxonner les véhicules qui le précédaient, il se passait les nerfs sur un bouc émissaire invisible, un dénommé Théodore Vermicelle, véritable réincarnation de l’oncle Théodore, aussi bête à manger du foin que l’oncle honni. Pour l’épauler dans sa tâche, il faisait appel au héros de son enfance : le terrible, très véloce et très redouté Génial Lucifer. N’allez pas croire que Génial Lucifer était une émanation des messes noires dans les catacombes ou au Père Lachaise ! Génial Lucifer, c’est le nom de cette fameuse marque de cycles, que vous ne pouvez pas connaître si vous n’avez pas été un supporter de Jean Robic.

Pour faire connaissance avec Génial Lucifer et Théodore Vermicelle, appuyez sur la pédale.

Roulez jeunesse !


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